

| Avis du BD-Vore:
Et si la Première Guerre Mondiale n'était due qu'au machiavélisme d'un homme que le goût de l'argent et du pouvoir avait rendu fou et insensible. Et si la main de l'anarchiste qui assassinat l'archiduc François Ferdinand et mis le feu à la poudrière des balkans et précipita le monde dans ce terrible conflit mondial, fut guidée par cette homme dénué de compassion. Et si cette guerre n'avait eu d'autre finalité que d'enrichir les marchants d'arme. Et si Fantomas n'étais qu'une pâle copie de Tanâtos. Décidement cette première guerre mondiale fait couler beaucoup de bulles ces temps-ci. Entre " La tranchée", " Les Sentinelles ", autres " Paroles de Poilus" et " Tanâtos ", le filon semble inépuisable pour les scénaristes BD. Il est vrai que ce conflit reste au sommet des conflits mondiaux du siècle dernier, un monument historique de notre pays, une boucherie à l'échelle internationale, un non sens politique et une catastrophe du point de vue de la stratégie militaire française. Le sujet est riche, émotionnel et captivant, mais Didier Convard va plus loin...avec " Tanâtos ", Convard trompe le monde et reécrit les origines de ce conflit. Il intègre un élément nouveau, un homme, que la vénalité pousse à toutes les folies et qu'aucune règle, ni loi ne freine. Mais ce personnage masqué, aux faux airs de Fantomas, ne serait-il pas qu'un prétexte, afin de permettre à Convard de s'exprimer plus librement et d'affirmer, purement et simplement, que cette guerre n'avait que pour cible l'argent, l'industrie et la modernité. Certes Convard nous rappelle que la gauche, Jean Jaures en tête, était contre l'armement à tout va du pays et le " va-t-en-guerre " de certains de ses collègues députés nationaliste, mais il dénonce en même temps l'insoucianse de l'ensemble de la classe politique française face à la menace austro-hongroise, et cet homme, Tanâtos, ne fait que rappeler à ces députés embourgeoisés, la dure réalité de la vie. " Tanâtos " relate l'histoire d'un homme que la morale n'atteint pas, que l'argent, la fortune délivre de toute inhibition, mais certainement conscient des ignominies qu'il commet et qu'un masque semble absoudre. " Tanâtos " est l'enquête d'un policier et d'un privé, non, pas Paul Juve et Jérome Fendor, lancés sur les traces de ce transformiste de talent, aux moyens infinis et aux talents certains, dôté d'une organisation fidèle et sans faille, dont ils mettent, progressivement, les desseins à jour. L'ensemble est efficace et original et plonge le lecteur, dès les premières pages, dans le Paris du début du 20 ème siècle, et dans la genèse d'un conflit dont il pensait connaitre les origines. Les graphismes de Jean Yves Delitte ne sont pas en reste, et sans être transcendant, demeurent agréables et adaptés au récit, à l'époque.Le seul hic réside dans le rendu de certains personnages. En effet, les visages manquent de personnalisation, d'individualisation et on a trop tendance à confondre les différents protagonistes. La colorisation est agréable, mais le point fort de l'oeuvre restera sans aucun doute le scénario, clef de voute de " Tanâtos ". |
Résumé Editeur " L'année sanglante:
TANÂTOS, surnommé « Le fils de la mort » ou encore « L’homme aux mille visages », entre en scène en décembre 1913 alors que Raymond Poincaré est président de la République, Gaston Doumergue, président du Conseil. Les socialistes, conduits par Jean Jaurès, qui croient encore pouvoir éviter la guerre, combattent les ardeurs belliqueuses du gouvernement. Le malfaiteur souhaite se servir de ce climat favorable à la guerre pour devenir l’homme le plus riche du monde. Sa science du déguisement, ses moyens illimités, son intelligence exceptionnelle, sa totale absence de compassion, lui permettent d’imaginer crimes et machinations avec une parfaite indifférence pour ses victimes. Deux hommes, BERNIN, commissaire de la Police Judiciaire, et LOUIS VICTOR, brillant détective de l’agence Fiat-Lux, se dressent avec courage face à celui qui veut devenir le Maître du Monde… |
Résumé Editeur " Le jour du chaos:
Fin du diptyque.
Qui arrêtera le génie du mal ? Juillet 1914. Après l'assassinat de l'Archiduc François Ferdinand, l'Europe est prête à sombrer dans la guerre malgré les efforts politiques et humanistes de Jean Jaures. Conscients que Tanâtos, le génie du mal aux mille visages, met à profit cette période troublée pour manigancer un mauvais coup, l'inspecteur Bernin et son comparse Victor, de l'agence de détectives privés Fiat Lux, le traquent sans relâche, sans se douter que loin de simplement profiter de la guerre qui s'annonce, c'est bel et bien lui, Tanâtos, qui cherche à la provoquer. Car depuis qu'il a volé l'identité d'un important marchand d'armes, le Fiancé de la Mort n'a plus qu'un but : pousser les nations les unes contre les autres afin de vendre ses engins de mort au plus offrant et devenir ainsi l'homme le plus riche du monde.
Images: © GLENAT - Delitte / Convard |